La Mouche

La Mouche est un projet d’art contemporain utilisant les concepts de soft robotics pour construire un environnement interactif jouant sur les déplacements de l’observateur. Trois pièces ont été imaginées, et produites en tant que prototypes à différents niveaux d’avancée. Le projet idéal est de grande envergure, à réaliser dans une salle complètement aménagée dans le cadre d’une exposition. Au cours de la semaine PSL, nous avons réalisé des prototypes d’échelles variables pour chacune des pièces, afin de tester les différents mécanismes imaginés. Deux des pièces (intitulées Les miroirs de Tantale et Seuls les écrits restent) sont  conçues pour animer les murs de la salle d’exposition lorsque l’on s’en approche, et la troisième (Rétrospection) est destinée à être installée au milieu. Pour donner un aperçu de l’ensemble recherché, nous avons réalisé une maquette de la salle d’exposition à petite échelle, qui intègre un prototype fonctionnel de Seuls les écrits restent et de Rétrospection et une représentation en maquette des Miroirs de Tantale .

Nous présentons ici les différentes pièces imaginées, ainsi que les étapes de notre démarche dans la réalisation de chaque prototype.

Les miroirs de Tantale

Présentation

Cette pièce a été inspirée par la vidéo de l’ébénisterie ARCA présentée ci-dessous. Nous n’avions vu que le début de la vidéo, et nous avions été particulièrement interpelés par ses pièces de bois gonflable.

                            

Nous avons cherché à reprendre le concept du bois gonflable,  tout en changeant le média bois par du miroir, et donc l’interaction de la pièce avec l’extérieur. Nous avons donc imaginé des miroirs, découpés en petits éléments collés comme une mosaïque sur une poche en silicone. De loin, l’observateur ne verrait donc qu’un miroir, mais s’il s’en approchait assez, pour se regarder de près, un mécanisme déclencherait pour gonfler la poche. Le miroir se retrouve alors fracturé en petits éléments épars, et il est impossible d’y voir son reflet. C’est pour cette raison que le titre fait référence au célèbre supplice de Tantale dans la mythologie grecque, jouant sur l’inaccessibilité, mais aussi la frustration du spectateur.

Réalisation du prototype

Construite en premier au cours de la semaine, cette pièce a d’abord nécessité la réalisation d’une poche qui puisse se gonfler facilement, et de manière assez marquée pour que le miroir s’en retrouve inutilisable. Nous avons pour cela utilisé le silicone le plus flexible à notre disposition et réalisée une poche de ce type. Elle est composée d’une couche de fond renforcée par du tissu rendue ainsi non-extensible. Celle-ci est partiellement recouverte de graisse au niveau central, puis une couche fine de silicone est coulée par dessus. Cette dernière reste donc élastique, et peut se gonfler au dessus de la partie graissé. Le résultat obtenu est présenté ci-dessous.

Après ce premier test, nous avons pu envisager d’y coller les miroirs, et avons réfléchi au différentes formes de mosaïques. Après avoir imaginé des petites facettes carrées, nous avons pensé à découper le miroir comme s’il s’était fracturé sous un choc. Les échantillons ont été découpés à la scie diamantée dans les laboratoires de métallurgie de Chimie Paris.C’est finalement l’idée de facettes triangulaires qui a été retenue pour le prototype, permettant de diviser le miroir en de nombreux petits morceaux. L’intérêt était aussi de pouvoir envisager des jeux de lumières pour le projet réel, avec des réflexions sur les facettes, plus modulables que des formes de miroir brisé.

   

Pour la pièce réelle, les autres idées de miroir (illusion de miroir brisé, ondulation circulaire du miroir en mosaïque)

Seuls les écrits restent 

Présentation

Cette pièce, complètement camouflée dans un des murs, interagit elle aussi lorsque l’on s’en approche. L’idée de base est d’avoir un mot ou une phrase qui peut s’écrire en relief sur le mur, en gonflant des poches de silicone. Cependant, nous avons imaginé que la phrase ne serait jamais visible en entier, puisque chaque lettre ou mot ressort individuellement lorsque l’observateur en est très proche. Il faudrait ainsi marcher le long du mur pour lire la phrase au fur et à mesure que l’on avance. On retrouve ici l’idée d’inaccessibilité introduite avec le miroir, mais on ne joue pas autant sur la surprise que sur le coté éphémère de la pièce. Il n’est pas possible de prendre du recul pour observer la phrase dans son ensemble, il faut regarder et retenir les mots un par un, au  fur et à mesure qu’on les découvre pour avoir un aperç

u global du proverbe tronqué : « Seuls les écrits restent ».

Réalisation du prototype

Nous n’avons pas choisi d’écrire une phrase complète pour ce prototype, mais seulement trois lettres (« P-S-L », contexte oblige). Nous avons utilisé deux types de moules. Le L a d’abord été réalisé grâce à du carton plume, puis nous sommes passés à des moules en plastiline, matériau plus adapté pour sculpter des formes arrondies.

Retrospection

Présentation

Cette pièce nous a été inspirée par le travail de l’artiste Ernesto Neto, dont un exemple est présenté ci-dessous.

Pensée pour être au centre de la salle d’exposition, cette pièce réagit elle aussi à la présence du spectateur, mais d’une manière quelque peu différente. En effet, ce dernier ne se retrouve pas à observer un mur, mais est complètement immergé dans le système. La pièce consiste de plusieurs bras qui peuvent se replier, comme des pétales de fleur pour former une sorte cage sphérique qui sortirait du sol. Parce que nous en avions a disposition et que l’idée nous plaisait, nous avons décidé de couvrir l’intérieur des bras de petits miroirs, construisant ainsi une sorte de boule disco inversée, ouvrant là aussi la voie à des jeux de lumière.  Cependant, la subtilité est que tous les bras ne s’activent pas en même temps. On n’est donc jamais enfermé dans la sphère, et celle-ci n’est jamais visible en entier, comme la phrase de Seuls les écrits restent, on la devine sans la voir complètement. L’idée est que les quelques bras activés ne sont jamais ceux qui sont devant l’observateur, seul son dos est reflété. Lorsqu’il se retourne et cherche à aller voir ceux qui viennent de se lever, ceux-ci retombent, et d’autres se dressent dans son dos. Dans la continuité du projet, on suscite à nouveau une certaine frustration, on entrevoit l’ensemble de la pièce sans jamais pouvoir le contempler.

Réalisation du prototype

Cette pièce centrale a été plus compliquée à réaliser que les deux autres. Toute la complexité était d’avoir des bras que puissent se replier en forme de demi cercle, et retomber tous seuls. Nous avons tout d’abord pensé à des tubes gonflables qui sortiraient du sol et se replieraient comme des ressorts. Des premiers test nous ont prouvé que le silicone n’était pas adapté à cette idée. Nous avons alors essayé avec de la bâche plastique avec un squelette formé de cercles en plastique permettant le bob repli, mais nous étions peu satisfaits du résultat (problèmes d’étanchéité principalement).

Nous nous sommes alors tourné vers de petits bras que nous avions vu lors des présentations d’introduction au cours. Nous avons coulé ceux-ci grâce à un moule imprimé en 3D. Comme pour le gonflement des Miroirs de Tantale, la structure est composée d’une base de silicone renforcée au tissu, et d’une couche fine qui se gonfle. Seulement, la géométrie rectangulaire de la pièce lui permet de se plier.

Après plusieurs fuites, raccords, et soudures improvisées, nous avons finalement obtenus trois bras fonctionnels, que nous avons décorés de petits miroirs, et assemblés en une même pièce. Ce prototype simplifié ne permet pas vraiment de réaliser une sphère complète mais est largement suffisant pour faire la démonstration du concept. Il suffirait de reproduire ceci à plus grande échelle, avec plus de bras pour avoir une forme de sphère.

 

La maquette

Une fois ces trois prototypes réalisées, nous avons pu construire une maquette de la salle d’exposition que nous imaginions, avec le mur interactif, les miroirs, et la pièce centrale intégrés.

 

Ce groupe est composé de:

  • Emile de Wilde (Chimie ParisTech 2ème année)
  • Pauline Verkinderen (Chimie ParisTech 2ème année)
  • Mathias Corsia (Mines ParisTech 2ème année)
  • Pierre Tiengou (Mines ParisTech 2ème année)